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par Céline Normandin

Fondé en 1985, cet organisme à but non lucratif agit comme un pont entre la recherche scientifique et les applications industrielles concrètes auprès des PME québécoises.

Depuis sa fondation en 1985, le Centre de recherche en informatique de Montréal (CRIM) est un acteur discret, mais essentiel de la scène économique québécoise. « Le CRIM a été créé il y a 40 ans à la fois par des acteurs académiques et industriels parce qu’ils voyaient le besoin de créer un acteur neutre pour faire le pont entre les mondes académiques et appliqués. », résume Françoys Labonté, président-directeur général depuis 2015 du CRIM.

Né de la volonté des milieux universitaires de joindre leurs forces face au développement rapide de l’informatique et d’aider le Québec à y trouver sa place, le CRIM a connu de nombreux changements qui ont recentré ses activités vers une vision davantage appliquée, à l’image des autres centres de recherche québécois. L’organisation compte aujourd’hui une équipe de 60 experts et chercheurs.

La Presse, 29 mars 1984 (Photo de courtoisie)

Battre le fer de l’innovation

Françoys Labonté, PDG au CRIM, lors de la soirée de notre 40e (Crédits photo: Tora Chirila)

La mission du CRIM est de stimuler l’innovation technologique au Québec et de renforcer la compétitivité des entreprises en mettant à leur disposition son expertise de pointe en technologies de l’information et intelligence artificielle. Il s’agit d’un sujet plus que d’actualité, selon son président. L’innovation est synonyme de création de richesse socio-économique dit-il, mais demeure un processus exigeant. « La transformation d’une idée dans un produit commercial fiable passe par l’industrialisation. Ce n’est pas toujours sexy et c’est beaucoup de travail. Au CRIM, on est reconnu pour livrer des trucs concrets qui fonctionnent. Même si on ne livre pas des produits finaux, on travaille avec nos clients en rapport avec le risque technologique ou scientifique dans un contexte d’affaires », précise M. Labonté.

La question de l’innovation et de la productivité est d’autant plus d’actualité que le Canada figure en queue de peloton quant à sa capacité à transformer les recherches en résultats économiques.

Des créneaux en évolution, à l’image de l’informatique

Le CRIM agit dans plusieurs domaines clés de l’informatique appliquée, tels que la cybersécurité et la protection de données, l’infonuagique, ainsi que la science des données et l’optimisation. Depuis la création du CRIM, l’intelligence artificielle (IA) occupe une place de premier plan, explique M. Labonté.

L’analyse de données massives pour aider à la prise de décision et à l’optimisation des processus d’affaires est un autre volet important des activités du CRIM. C’est d’ailleurs à ce niveau que son expertise est recherchée pour l’accompagnement des PME afin d’identifier leurs besoins technologiques et choisir les meilleures solutions. Les entreprises peuvent avoir recours à ses services-conseils et son expertise technique à ce niveau. « Souvent, les meilleures solutions pour les PME sont simples et peu coûteuses, tout en répondant à leurs besoins immédiats. Elles sont moins glamour que les récentes avancées de l’IA, mais plus terre à terre », précise PDG.

Le CRIM effectue également de la R&D pour la réalisation de projets de R&D collaboratifs ou sur mesure avec des partenaires industriels et universitaires. À cela s’ajoute, le transfert technologique avec la commercialisation et la mise en œuvre pratique des résultats de recherche, ainsi que le développement de prototypes comprenant la création de preuves de concept et de prototypes fonctionnels avant un déploiement à grande échelle.

L’organisme compte plusieurs réalisations. Un de ses projets phares a été la confection des horaires des écoles secondaires québécoises pour les élèves dont les parcours s’étalent sur différentes années. Ses autres projets demeurent dans l’ombre puisque les entreprises d’envergure n’aiment pas avouer qu’elles ont besoin du CRIM, indique avec un sourire en coin le gestionnaire.

Acteur de changement

L’IA se positionne maintenant en tête de ses objectifs, indique M. Labonté. « Il y a beaucoup de potentiel pour automatiser les processus industriels. On a l’expertise pour le faire. Il y a une vague de changement qui se pointe, comme les processus autour des chaines d’approvisionnement, le contrôle de la machinerie, la maintenance prédictive, etc. »

Pour l’avenir, le CRIM souhaite s’inspirer d’une catégorie d’acteurs très répandus en Europe, les Reseach and Technology Organisations (RTO) « C’est un système d’innovation à trois têtes avec le côté académique, l’industrie et les RTO qui sont le passage des bonnes idées au monde industriel », explique M. Labonté. Le Centre est en discussion avec le gouvernement pour que les acteurs de cette catégorie voient leur rôle mieux compris et reconnu, tout en ayant accès à des outils plus adaptés pour accélérer la création de valeur économique et la productivité au Québec.

(Crédits photo : Tora Chirila)