Skip to main content
par Jonathan Thibeault

Ghislain Samson, recteur de l’UQAC (Photo de courtoisie).

Alors que s’amorce la Semaine des rendez-vous de la recherche et de la création, moment phare de la vie universitaire à l’UQAC, le magazine Al13 s’intéresse à la manière dont l’établissement repense sa relation avec l’industrie et la société. Cette série d’articles s’ouvre avec le recteur Ghislain Samson, qui expose sa vision d’une université accessible, partenariale et ancrée dans l’innovation.

Une « fête de la science et de la création »

Ancien professeur et chercheur avant d’être nommé recteur, M. Samson reste profondément attaché à la mission académique d’une université. Son enthousiasme se traduit chaque année lors des Rendez-vous de la recherche et de la création, un événement qu’il décrit comme une véritable fête du savoir.

« C’est une semaine complète pendant laquelle on célèbre autant nos chercheurs que nos étudiants, explique-t-il. Il y a le concours Ma thèse en 180 secondes, la remise de bourses, le concours d’affiches. L’an dernier, une cinquantaine d’affiches ont été reçues, toutes en français, ce qui est exceptionnel dans une façon de faire souvent anglophone. »

Cette semaine scientifique s’ouvre également à la population et au monde des affaires. L’UQAC y voit un moyen de démocratiser la recherche et de rapprocher la communauté de ses laboratoires. « On invite des partenaires municipaux, politiques, économiques de toute la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean à venir visiter nos installations. Pour nous, c’est l’occasion de montrer que la recherche est accessible à tous. »

Cette ouverture dépasse les frontières. Des partenaires venus d’Haïti, du Sénégal et de Guinée sont attendus. « Ces échanges internationaux témoignent de notre ancrage local, mais aussi de notre rayonnement mondial », ajoute le recteur, soulignant la présence de plus de 2 100 étudiants internationaux, soit près de 30 % de la population étudiante de l’UQAC.

Rapprocher la recherche et les PME

Au cœur de la vision du recteur se trouve un objectif clair : faciliter le maillage entre la recherche universitaire et l’industrie, en particulier les petites et moyennes entreprises.

« La réponse n’est pas simple, concède-t-il. Mais il faut que l’industrie comprenne qu’à l’UQAC, nous sommes accessibles. Nous travaillons dans les hautes sphères du savoir, oui, mais nous sommes des humains, là pour aider. »

Du 2 au 6 février prochain, l’UQAC vous invite à participer aux différentes activités qui prendront place dans le cadre de la semaine du Rendez-vous de la recherche et de la création.

Cette volonté de proximité se concrétise notamment par le projet de Centre d’innovation sur l’aluminium, actuellement à l’étude par le gouvernement du Québec. Ce futur lieu de rencontre, explique M. Samson, permettrait de regrouper étudiants, chercheurs et entreprises autour d’équipements et de compétences partagés. « Le centre offrirait des formations, des conférences et surtout, il mettrait en contact des PME qui n’ont pas toujours les ressources ou les outils nécessaires pour innover dans le milieu de l’aluminium. Et même si on n’a pas l’expertise ici dans les murs de notre université, on connaît toujours quelqu’un ailleurs. »

Une culture bien ancrée de la recherche partenariale

L’UQAC dispose déjà d’une solide tradition de recherche en partenariat avec le milieu industriel et communautaire. Des collaborations de longue date existent, notamment avec Rio Tinto, mais aussi avec le Syndicat des producteurs de bleuets et la Fondation de ma vie dans le domaine de la santé. « Tout ce qui touche un enjeu de société peut devenir un projet de recherche chez nous, explique le recteur. Que ce soit en santé durable, en cybersécurité ou en intelligence artificielle, nos chercheurs collaborent avec des partenaires concrets pour générer des solutions utiles. »

L’université se distingue par sa performance nationale : parmi les établissements de sa taille sans faculté de médecine, l’UQAC se classe première au Canada pour sa capacité à attirer des revenus de recherche partenariale, totalisant plus de 10,5 millions de dollars. Pour M. Samson, cette réussite repose sur une culture institutionnelle solide : « On a de bonnes embauches, de bonnes équipes autour de nos chercheurs : au décanat, au vice-rectorat, aux communications. C’est ce travail collectif qui fait notre force. »

L’innovation comme moteur de croissance

Regardant vers l’avenir, le recteur veut pousser encore plus loin cette dynamique. « En cinq ans, le financement de la recherche est passé d’environ 20 millions à près de 40 millions de dollars. Et nous voulons dépasser ce seuil », souligne-t-il. Pour y parvenir, il a confié au nouveau vice-recteur à la recherche, Luigi Bouchard, un mandat clair : faire de l’innovation un levier stratégique. « L’innovation ne doit pas se limiter aux brevets. Il faut que l’innovation alimente la recherche, et que la recherche alimente l’innovation. »

Ce virage s’accompagne d’une volonté de diversifier les secteurs de recherche, notamment dans le sport et la santé, des domaines en pleine expansion à l’UQAC. « On travaille à développer de nouveaux programmes qui amènent des solutions concrètes. Les professeurs doivent être à l’affût des tendances et des besoins émergents de la société. »

Une mission universitaire profondément humaine

Derrière le gestionnaire se trouve un universitaire passionné. « Il y a des journées où je m’ennuie presque de ma tâche de professeur, confie-t-il. J’ai adoré enseigner, publier, mais surtout accompagner les étudiants. Ma dernière doctorante vient de soutenir sa thèse, et j’en suis très fier. »

Cette expérience nourrit sa conviction du rôle irremplaçable de l’université : « Si une université ne fait pas de recherche, qui le fera ? Oui, il y a des centres privés, mais notre mission, c’est d’enseigner et de faire avancer la connaissance. »

Une université en région, de calibre international

Pour le recteur, l’UQAC se positionne comme un acteur économique, culturel et scientifique central du Saguenay–Lac-Saint-Jean, mais aussi comme une université de calibre international. « Nous signons plus de 300 ententes avec des universités partout dans le monde, rappelle-t-il. L’UQAC, c’est une université en région, oui, mais pas une université régionale. Nous sommes un acteur global du savoir, enraciné dans notre communauté », conclut-il.

Pour connaitre l’horaire complet de la semaine du Rendez-vous de la recherche, cliquez ici!