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Par Nathalie Ménard

Entre le 15 et le 17 septembre dernier, la présidente-directrice générale du CQRDA, Marilyne Simard, est allée à la rencontre des membres de l’organisation, présents sur la Côte-Nord, un milieu des plus dynamiques, fort et capable de faire face aux difficultés actuelles.

De Sept-Îles à Baie-Comeau, la Côte-Nord abrite l’une des chaînes de valeur les plus complètes de l’industrie de l’aluminium en Amérique du Nord. De la formation de la main-d’œuvre (Cégep de Sept-Îles, UQAC), à la recherche appliquée (ITMI, RAIL, CR2ie, etc.), de la production d’aluminium primaire (Alouette et Alcoa) à l’économie circulaire (Lefebvre Industri-Al), en passant par des PME innovantes (Altech 7îles, Groupe Metal 7, Groupe Fransi-fabrication et construction), dont certaines exportent leur savoir-faire un peu partout dans le monde, la région constitue un véritable laboratoire industriel pour le Québec.

Crédits photo : Daniella Ramangalahy (CQRDA)

Sur la Côte-Nord, l’aluminium, on le produit, on le transforme, on l’intègre dans le milieu par le biais de l’art et diverses autres produits (garde-corps, passerelles, production, etc.) et on l’utilise aussi dans la préparation de produits fabriqués pour d’autres secteurs d’activités, comme les mines.

Et bien que la région dispose d’une foule d’infrastructures lui permettant de performer, elle subit tout de même les affres de la situation géopolitique actuelle.

Selon un sondage aucunement scientifique, mais tout à fait humain, la PDG du CQRDA et son équipe des communications ont pu identifier certains enjeux.

La Présidente-directrice générale, Marilyne Simard était de passage à l’émission matinale « Bonjour la Côte » animée par Bis Petitpas, mercredi dernier. Crédits photo : Daniella Ramangalahy (CQRDA)

« Nous étions sur la Côte-Nord pour échanger avec nos membres, afin de connaître les défis qu’ils vivent, dans le contexte actuel. Et la façon qui me semblait la plus efficace pour identifier leurs préoccupations, c’était d’aller les rencontrer sur leur lieu de travail et de s’entretenir directement avec eux; ce que nous avons volontiers fait, indique Marilyne Simard.

ENJEUX

Sans reprendre les éléments de chacune des entreprises rencontrées, nous pouvons dresser les grandes lignes suivantes pour les PME transformatrices nord-côtières et les alumineries de la région.

Pour les unes, il s’agit de la rareté des matériaux. La chaîne d’approvisionnement est perturbée. Les entreprises doivent diversifier les sources d’approvisionnement. On sollicite, dans la mesure du possible, l’approvisionnement local. Et c’est sans compter l’augmentation des prix de la matière première et aussi ceux des produits finis qu’elles produisent. Toutes subissent, à une étape ou l’autre du processus contractuel.

Il y a aussi un ralentissement constaté dans la réalisation des projets prévus. Les entreprises doivent alors se tourner vers d’autres clients et diversifier leurs services et les marchés pour répondre à la demande. Pour plusieurs d’entre elles, Les marchés de la défense et du maritime pourraient être explorés.

Pour d’autres, l’enjeu de la main-d’œuvre s’avère un élément majeur. La rareté de la main-d’œuvre se fait aussi sentir sur la Côte-Nord. Beaucoup de travailleurs étrangers temporaires (TET) s’y sont établis et s’intègrent à leur nouveau milieu, entre autres avec la collaboration des employeurs qui proposent des mesures favorisant l’accueil des nouveaux arrivants : logement, francisation, formations diverses, participation à des activités sociales, etc. Leur apport est indispensable pour maintenir les entreprises en activités. Il y a toutefois du sable dans l’engrenage. Les règles fédérales et provinciales qui entourent l’embauche des TET s’adaptent difficilement aux réalités des régions, occasionnant ainsi des pertes de main-d’œuvre intégrée, dans les entreprises et les communautés. Tout est alors à recommencer et fragilise encore une fois les entreprises.

Du côté du Cégep de Sept-Îles, l’endroit est un véritable moteur de développement, grâce à ces centres de recherche – ITMI, RAIL, CR2ie, entre autres. L’organisation est en phase avec son milieu et collabore, avec beaucoup de dynamisme, avec d’autres institutions de recherche au Québec, dont l’UQAC qui un pavillon qui voisine son campus.

Enfin, les alumineries de Sept-Îles et de Baie-Comeau ont aussi leurs grands défis, soit la connectivité et l’automatisation de certaines étapes de production, dans un contexte de performance, de compétitivité, mais où l’humain doit prévaloir. La circularité des produits et des résidus, tout comme la décarbonation est aussi au menu.

« L’énoncé de ces grands enjeux par les PME et les grandes entreprises de la Côte-Nord aura permis au CQRDA de mieux entrevoir les besoins de ses membres et de quelles manières il pourrait répondre à ceux-ci, autant auprès de notre bailleur de fonds, le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie (MEIE), mais également par la mise en place de services adaptés. Nous revenons de cette belle région, résiliente et adaptative, avec beaucoup de matière à réflexion pour les aider à continuer à innover », conclut la PDG du CQRDA, Marilyne Simard.