Par Alexandre D’Astous
Optimach AI, une filiale du Groupe FP Techonolgies, dont le siège social est à Témiscouata-sur-le-Lac, au Bas-Saint-Laurent, aide les PME à automatiser leurs procédés de fabrication grâce à des technologies utilisant l’intelligence artificielle avant-gardistes et prêtes à l’emploi.
Au départ, en 1998, l’entreprise œuvrait dans la conception de lasers d’alignement industriel. « Depuis une dizaine d’années, nous avons ajouté des produits robotiques Kuka. À partir de ce moment-là, nous nous sommes concentrés dans la réalisation de cellules robotiques pour différentes applications », raconte le PDG d’Optimach AI, Francis Pelletier.
« Malheureusement, la robotique s’appliquait surtout à la grande entreprise où on peut programmer un robot pour qu’il exécute une tâche à répétition. Pour avoir un retour sur l’investissement, ça prenait des produits à volume. La majorité des PME au Québec font de petites séries et même des produits uniques », poursuit M. Pelletier.

L’équipe d’Optimach AI poursuit ses travaux pour favoriser l’utilisation de la robotisation dans l’industrie de l’aluminium grâce à l’intelligence artificielle. (Photo courtoisie)
Dans l’industrie de l’aluminium
Pour faire de l’ébavurage de pièces dans l’injection d’aluminium, les entreprises font un lot de pièces qui change dès le lendemain. « Pour l’injection de pièces en aluminium, la programmation est difficile, parce qu’il y a une variation de la grosseur d’une pièce à l’autre lors du démoulage selon son facteur de refroidissement ou la grosseur de la pièce elle-même », indique M. Pelletier.
L’intelligence artificielle en renfort
L’équipe d’Optimach AI a travaillé à développer une solution pour ces PME. « L’intelligence artificielle commençait à faire ses premiers balbutiements il y a 3 ou 4 ans. Je trouvais ça intéressant même si ce n’était pas encore viable au plan de la robotique. On voulait contrôler des robots et leur faire apprendre des mouvements de manière automatique. On y a cru. Nous avons travaillé avec des partenaires sur différents algorithmes et diverses façons de faire. Il y a eu beaucoup de veille technologique pour être capable d’offrir aujourd’hui un moteur qu’on appelle le cerveau qui nous permet de rentrer dans une usine et d’automatiser son processus en utilisant des caméras avec des scanners », souligne Francis Pelletier.

Une cellule robotique de polissage développée par l’équipe d’Optimach AI. (Photo courtoisie)
L’intelligence artificielle, avec les caméras, numérise la pièce et applique les conditions ou les recettes demandées par le client. Tous les paramètres sont prédéfinis. « Dans l’aluminium, on utilise l’IA pour reconnaître la pièce et appliquer différents modèles déformants de la géométrie par rapport à un modèle de référence. Nous sommes capables de placer des rivets, de polir des pièces, on le fait d’ailleurs chez Safran Aéronautique. Nous sommes capables de tout automatiser dans la transformation de l’aluminium », assure M. Pelletier.
Optimach travaille avec le Centre québécois de recherche et de développement de l’aluminium (CQRDA) pour la soudure. « Notre moteur fonctionne déjà. Les preuves de concept sont concluantes. Ce qu’il nous reste à faire, c’est de trouver une solution pour la soudure pour nous éviter de devoir être là pour programmer les recettes, par exemple, la largeur de la soudure. En bout de ligne, on veut concevoir des systèmes qu’on pourra vendre à des entreprises déjà prêtes à être utilisés. On veut que ce soit convivial. On veut qu’un journalier soit capable d’opérer une cellule robotique sans formation particulière en robotique. Pour ça, il faut que l’interface opérateur soit simple comme un téléphone cellulaire. C’est ce qui nous manque et on travaille là-dessus présentement. Le CQRDA nous donne un sérieux coup de pouce pour finaliser notre plate-forme opérateur », mentionne le pdg.
Encore des choses à peaufiner
Optimach a déjà installé sa technologie chez plusieurs clients. « On doit encore être là pour le démarrage de la cellule robotique, mais l’objectif, c’est qu’ils deviennent totalement autonomes. On pense que ça pourra se faire d’ici un an ou un an et demi. Notre objectif de commercialisation s’adresse à la transformation de l’acier et des métaux. L’intelligence artificielle et la robotique se prêtent extrêmement bien à l’industrie de l’aluminium ».
Pour l’avenir, Optimach AI veut consolider son rôle de manufacturier et étendre son réseau de distribution via des entreprises de distribution québécoises. « Il y a assurément d’autres opportunités qui vont se présenter à nous. Nous avons une très belle équipe en ingénierie. On passe plusieurs heures par semaine à faire de la veille technologique pour s’assurer qu’on demeure toujours en avance sur les autres », indique M. Pelletier.
Optimach AI compte une équipe d’une dizaine de personnes à Témiscouata-sur-le-Lac et une dizaine d’autres à Québec.

Optimach a déjà installé sa technologie chez plusieurs clients. (Photo courtoisie)
La programmation et le développement des algorithmes se font à Québec et l’intégration et la conception des cellules se font au Témiscouata.