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par Jonathan Thibeault

Dans un contexte où les entreprises doivent composer avec l’intelligence artificielle, les enjeux d’accès à la main-d’œuvre, les changements climatiques et des marchés en constante évolution, l’innovation est devenue un passage presque incontournable. Longtemps associée aux grandes inventions ou à la technologie, elle touche autant les façons de produire que de gérer, de commercialiser ou de répondre à des besoins sociaux.

Sarah Thériault, Conseillère en innovation à l’Espace régional d’accélération et de croissance SLSJ (Photo LinkedIn)

Cette valeur peut prendre plusieurs formes. Elle peut être économique, lorsqu’une entreprise améliore sa productivité, humaine, lorsqu’elle répond mieux aux besoins de ses employés, ou sociale, lorsqu’elle apporte une solution à un enjeu collectif. L’innovation ne signifie donc pas nécessairement inventer quelque chose de complètement nouveau.

« Une invention n’est pas forcément une innovation. Pour qu’on parle d’innovation, il faut que l’idée ait été testée, qu’elle fonctionne, qu’elle soit utilisée et qu’elle crée de la valeur », précise Mme Thériault.

Pas seulement une affaire de technologie

L’OCDE distingue quatre grandes formes d’innovation : le produit, le procédé, la commercialisation et l’organisation. À ces catégories s’ajoutent aujourd’hui l’adoption technologique, comme l’intégration de l’intelligence artificielle ou de robots, et l’innovation sociale, qui répond à des besoins de société.

Selon Mme Thériault, l’un des grands mythes à déconstruire demeure l’idée que l’innovation est forcément technologique. « La technologie est un levier, un outil. Mais l’innovation, c’est d’abord l’humain. Les meilleures idées viennent souvent des employés, des clients, des opérations ou des irritants du quotidien », soutient la conseillère en innovation.

L’innovation peut aussi être incrémentale, c’est-à-dire améliorer ce qui existe déjà, plutôt que de bouleverser un marché. « Les meilleures façons d’innover ne sont pas forcément les grosses inventions ni les grands processus coûteux de recherche et développement. Ça peut être la simplification d’un procédé, l’automatisation d’une tâche, une nouvelle façon d’écouter ses employés ou une amélioration dans les services », illustre la conseillère.

Une nécessité pour garder le rythme

Pour les entreprises, innover n’est pas une obligation au sens strict, mais devient de plus en plus une nécessité. Dans un environnement où les transformations se succèdent rapidement, il s’agit d’une façon de demeurer pertinent et compétitif.

« Personne n’oblige un entrepreneur à innover, mais dans le monde actuel, il faut réussir à garder le rythme et la tête hors de l’eau. Les entreprises qui n’ont pas encore entamé leur transformation numérique voient un fossé se creuser, notamment avec l’arrivée de l’intelligence artificielle », observe Sarah Thériault.

Innovation 02 comme courroie de transmission

Innovation 02 agit justement comme courroie de transmission dans cet écosystème. L’organisation accompagne les entreprises dans la clarification de leurs besoins, les oriente vers les bons experts et intervient dans des projets précis, notamment en transformation numérique et en innovation organisationnelle.

Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, Sarah Thériault estime que le travail de sensibilisation demeure important. La région n’est pas parmi les plus avancées en matière d’innovation, de transformation numérique et d’intégration de l’IA, dit-elle. C’est pourquoi des organisations comme Innovation 02 cherchent à faire mousser la culture de l’innovation et à aider les entreprises à passer à l’action.

L’innovation n’est toutefois pas toujours synonyme de progrès sans conséquence. Les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle montrent qu’une nouveauté peut aussi créer des dépendances, des inégalités ou de nouveaux défis sociaux. Pour Mme Thériault, l’important est donc de replacer l’innovation à la bonne échelle : celle de l’impact réel. Une idée devient innovante lorsqu’elle sort du discours, s’ancre dans les pratiques et améliore concrètement la façon de travailler, de produire ou de vivre.