par Alexandre D’Astous
Le Pavillon Alouette de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) se démarque par son caractère innovateur et son unicité qui en font un bâtiment qui attire les regards et un joyau en termes de développement durable.
Les concepteurs, quatre architectes de BGLA Architecture & Design Urbain, se sont imprégnés sur place pendant quatre jours des lieux entourant le site pour proposer un bâtiment qui allait bien s’intégrer dans son environnement, mais aussi représenter la mission du pavillon, soit l’enseignement et de son commanditaire, l’Aluminerie Alouette.
L’architecte senior chez BGLA, Pierre-André Lévesque, est le concepteur principal du bâtiment durable construit au coût de 10 M$ en 2013-2014.

Le Pavillon Alouette de l’UQAC à Sept-Îles est qualifié de bâtiment signature par le président et chef de la direction de l’époque chez Alouette, André Martel. (Photo courtoisie)
« Nous avons réalisé tout le projet en 16 mois. Nous avons fait une conception intégrée. Nous avons conçu le bâtiment en quatre jours. Ce fut très intensif. Le client voulait un bâtiment signature », raconte-t-il.
L’aluminium mis en valeur
La construction est en structure de bois lamellé collé. « L’exigence du client, c’était qu’on mette l’aluminium en valeur. Ça nous plaisait bien. On aime beaucoup l’aluminium. C’est un métal léger et brillant qu’on aime utiliser en parement. On peut fabriquer des pièces uniques pouvant s’adapter à toutes sortes de situations. On peut le peindre ou l’embosser. On peut faire ce qu’on veut avec de l’aluminium. C’est beaucoup plus facile, dans bien des cas, qu’avec l’acier », explique le concepteur.

Un escalier majestueux fabriqué avec de l’aluminium attire les regards en entrant à l’intérieur. (Photo courtoisie)
Les architectes ont décidé d’utiliser de la mousse d’aluminium, ce qui ne s’était jamais ou très peu fait au Québec jusque-là. « Ça ressemble à une texture d’éponge qui permet de voir à travers le matériau. Nous voulions une conception qui mettrait en valeur la fabrication de l’aluminium qu’on voulait mettre en parallèle avec l’acquisition des connaissances puisque c’était pour un bâtiment universitaire. La mousse d’aluminium qui laisse passer la lumière est comme un filtre des connaissances. Le matériau exprime ce que le bâtiment doit être dans sa fonction », souligne l’architecte.
L’aluminium distribue la lumière
Certaines parties intérieures et extérieures du bâtiment ont été habillées avec cette mousse d’aluminium, dont une série de salles de réunion. « Nous avons percé des ouvertures dans les murs en bois et nous avons couvert les ouvertures avec de la mousse d’aluminium. Même si les salles n’ont pas de fenêtre, elles donnent sur un atrium qui distribue la lumière via la mousse d’aluminium. Nous avons aussi utilisé de la mousse d’aluminium comme parement sur les murs extérieurs. C’était vraiment innovant à l’époque », affirme M. Lévesque.
L’aluminium a aussi été utilisé à l’intérieur pour les garde-corps d’escaliers et même pour la structure d’un escalier monumental à l’intérieur.

« Pour camper le bâtiment dans l’environnement maritime de Sept-Îles, nous avons installé des espèces de voiles en aluminium qui deviennent des brise-soleils. Le client a voulu avoir sept voiles parce que nous sommes à Sept-Îles ». (Photo de courtoisie)
Stratégies écoénergétiques
Sans être un projet certifié LEED, les concepteurs avaient une préoccupation environnementale. Des coupoles paraboliques de captation solaire ont notamment été installées sur le toit.
« Ça ne s’était jamais fait dans un bâtiment institutionnel au Québec. Ces coupoles concentrent la chaleur du soleil sur un tube métallique dans lequel circule un calorifugeant qui capte cette chaleur et l’amène dans le système de chauffage du bâtiment. Nous avons aussi des réservoirs d’accumulation d’eau dans le sous-sol. Un mur solaire a été installé sur la façade sud », mentionne M. Lévesque.
Faits saillants :
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Une superficie d’environ 2700 m² répartie sur trois étages
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Une capacité d’accueil de près 400 étudiants
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Plus de 50 locaux, dont près d’une quinzaine de salles de classe, dont une pouvant accueillir jusqu’à 72 étudiants
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Un mur solaire de près de 50 m², 15 capteurs solaires sur le toit, un système de climatisation et de chauffage par géothermie comprenant une vingtaine de puits et un système de récupération des eaux de pluie avec 4 réservoirs