Par Isabelle Simard
L’acquisition de Ferreol Technologies et la création de Scalium+ s’inscrivent dans une vision à long terme : relier le développement du projet Crater Lake aux marchés appelés à utiliser les alliages aluminium-scandium et positionner le Québec parmi les acteurs clés de cette industrie à l’échelle internationale.
À terme, l’entreprise souhaite contribuer à l’émergence d’un écosystème québécois du scandium capable d’approvisionner des secteurs stratégiques comme l’aérospatiale, la fabrication additive (impression 3D), le transport et les matériaux de performance.

Guy Bourassa, chef de la direction de Scadium Canada (Photo de courtoisie)
« La vision de Scandium Canada, c’est de devenir le plus important fabricant d’alliage maître aluminium-scandium destiné à être vendu à des fabricants d’alliages », explique Guy Bourassa, chef de la direction de Scandium Canada.
Une chaîne d’approvisionnement stratégique pour l’industrie
À long terme, Scandium Canada entend contribuer à sécuriser l’approvisionnement en scandium pour les fabricants d’alliages et les industriels qui veulent intégrer ce métal critique à leurs produits.
Aujourd’hui, la production mondiale provient principalement de la Chine et de la Russie et est généralement issue de sous-produits miniers, une situation qui limite la prévisibilité de l’approvisionnement pour plusieurs secteurs industriels.

Production de feuilles d’aluminium-scandium par l’équipe de Scalium+ (anciennement Ferreol Technologies) (Photo de courtoisie)
Cette réalité peut freiner certains grands industriels, pour qui la stabilité de l’approvisionnement devient un critère essentiel avant d’intégrer un nouveau matériau à grande échelle.
« Un grand avionneur qui décide que ses prochains avions vont être principalement bâtis à partir d’alliages aluminium-scandium ne prendra pas ce risque-là si l’approvisionnement n’existe que sous forme de sous-produits », illustre Guy Bourassa.
C’est dans ce contexte que Scandium Canada souhaite positionner Crater Lake comme une source d’approvisionnement stable et prévisible à long terme.
Cette ambition bénéficie déjà d’un appui institutionnel concret : en mars 2026, Ressources naturelles Canada a signé avec Scandium Canada une entente de contribution non remboursable de 6,9 M$, dans le cadre de son Programme

Les mines de Crater Lake exploité par Scadium Canada (Photo de courtoisie)
de partenariats internationaux, pour le développement du projet minier et l’optimisation de ses alliages aluminium-scandium.
Selon l’entreprise, le projet Crater Lake représente actuellement l’un des rares projets au monde dont l’objectif principal est la production de scandium. La société travaille sur un scénario de production d’environ 90 tonnes d’oxyde de scandium par année, soit davantage que la production mondiale actuelle estimée entre 50 et 60 tonnes annuellement.
Une industrie davantage intégrée au Québec
Au-delà de l’approvisionnement en scandium, Scandium Canada voit dans l’acquisition de Scalium+ une occasion de rapprocher le développement de la ressource, la conception d’alliages, la commercialisation et le développement d’applications.
« On veut aussi établir le plus possible une chaîne de transformation ici au Québec, quand ça sera possible, quand les infrastructures vont être disponibles, puis quand ça va être réaliste de le faire », affirme Félix Lapointe, président-directeur général de Scalium+.
Selon les dirigeants, une telle approche pourrait éventuellement créer des occasions pour les entreprises québécoises actives dans la transformation de l’aluminium, la fabrication avancée, l’aérospatiale et le développement de matériaux spécialisés.