par Céline Normandin
Le filage en aluminium a déjà connu ses heures de gloire dans le domaine résidentiel et commercial, mais il demeure particulièrement populaire pour les projets à haut voltage.
Avec la forte demande pour la production de circuits électriques, les coûts du cuivre sont partis en vrille depuis un an, atteignant des records sur le marché des métaux. Pourtant, l’aluminium représente une option de choix dans les installations électriques, pourvu que l’on prenne les précautions d’usage. Petit tour d’horizon des avantages du matériau.
Un coût moindre pour l’aluminium
Avec la hausse des coûts de construction, l’aluminium se pose comme une alternative à l’aluminium en tant que composante des installations électriques. Encore récemment, le prix du cuivre se détaillait à plus de 11 000 $US la tonne sur le marché des métaux en raison de la demande pour les véhicules électriques, la transition énergétique et la construction de centre de données. Comme le fait remarquer Christian Perreault, directeur général de l’Institut en génie de l’énergie électrique (IGEL), l’aluminium est beaucoup plus abordable ici puisqu’il s’agit d’un produit maison. « Hydro Québec utilise presqu’exclusivement de l’aluminium et il en sera de même pour les grands projets de son plan d’action de décarbonation 2020-35 ». De plus, fait remarquer le directeur, l’expertise existe ici quant à la manière de l’utiliser dans les installations électriques.
Conductivité élevée
La conductivité de l’aluminium se compare à celle du cuivre. Des alliages ont été conçus afin de se rapprocher des propriétés du cuivre et ces derniers sont nettement meilleurs que ceux utilisés dans les années 60 et 70 caractérisés par une faible qualité de fabrication. Le cuivre pourrait cependant être utilisé pour les conduits de petits diamètres, comme dans les infrastructures municipales plus anciennes, telles qu’à Montréal, puisque la conductivité du cuivre est un peu meilleure, mentionne M. Perreault.
Légèreté
L’aluminium est environ 30 % plus léger que le cuivre et fournit deux fois la conductivité par unité de poids, ce qui en fait un choix plus performant sur les grandes distances, que ce soit pour les filages aériens ou souterrains. C’est aussi, entre autres, pourquoi Hydro-Québec l’utilise autant. Il perd également moins de chaleur, le cuivre étant reconnu pour sa conductivité thermique.
Durabilité et résistance à la corrosion
L’aluminium résiste à la corrosion, en autant que les connexions sont bien serrées et isolées afin d’éviter les risques de surchauffe. C’est ce dernier point qui a nui à la réputation de l’aluminium, explique M. Perrault. Les bons équipements concernent les prises et les conducteurs conçus pour être utilisés avec de l’aluminium, ou encore, l’équipement compatible pour à la fois l’aluminium et le cuivre.
Les connexions homologuées pour l’aluminium conviennent également au cuivre et sont marquées d’un sceau, comme le AL7CU, un connecteur compatible aux conducteurs en cuivre et en aluminium.
Comme le cuivre est une norme internationale reconnue depuis longtemps, l’industrie de la construction a uniformisé son usage en Amérique du Nord (ce qui vaut aussi pour les pièces utilisées en électricité) ce qui peut compliquer l’accès aux pièces dédiées à l’aluminium également. Un électricien reconnu devrait avoir sous la main ce type de produit plus spécialisé, ajoute M. Perreault.
Choix écologique
C’est bien connu, l’aluminium est recyclable à l’infini et peut donc être réutilisé. L’aluminium est également plus abondant sur la planète que le cuivre.
L’extraction minière du cuivre est difficile, notamment par le fait qu’elle se déroule dans des conditions difficiles et des régions éloignées. Le cuivre est aussi plus complexe à recycler en raison de la diversité des alliages qui comprennent le laiton, le bronze, et le cuivre-nickel.