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par Céline Normandin

La construction d’un édifice voué à l’aide à l’itinérance et à la réinsertion sociale dans le quartier Saint-Roch était doublée d’une autre défi en devant s’intégrer dans un site patrimonial reconnu par l’UNESCO.

Achevée en 2021, la Maison Lauberivière a pris le relais d’un établissement du même nom qui ne pouvait plus répondre à sa mission d’aider les personnes itinérantes en raison des nombreuses rénovations qu’il nécessitait. Différents organismes ont œuvré à promouvoir l’idée de construire un édifice neuf dans le même quartier, ce qui a mené à la construction de la nouvelle Maison Lauberivière.

S’inspirer de la tradition

En plus des nombreuses restrictions reliés à la vocation du bâtiment, celui-ci devait répondre à des normes élevées en construction et en durabilité, en plus de s’intégrer harmonieusement dans le quartier Saint-Roch, situé non loin du Vieux-Québec.

La firme Lafond Côté architectes a eu l’idée de développer un système de parement en aluminium inspiré de la tôle à la canadienne. Les couvertures de ce type traditionnel sont les plus répandue dans les quartiers les plus anciens de Québec. Elle est reconnaissable à son patron rappelant une multitude d’écailles plates.

« On a voulu s’inspirer de ce type unique en ferblanterie. On a aussi voulu s’améliorer par rapport au projet Un Toit Vert en enlevant la peinture et cibler l’anodisation, ce qui permettait de récupérer plus de panneaux à leur fin de vie utile et de sauver 5% d’énergie », raconte Dominic Tapin-Brousseau, technologue et associé chez Lafond Côté.

Le tout a été réalisé grâce à l’appui financier de la Société d’habitation du Québec pour favoriser la démonstration de nouveaux produits en aluminium. Lui-même s’inscrivait dans le cadre de la réalisation de projets AccèsLogis Québec, visant l’exemplarité de l’État dans la Stratégie québécoise de développement de l’aluminium 2015-2025.

Le revêtement a été réalisé en équipe avec Moulures Modernes, entreprise de la Beauce, sollicitée pour la transformation et la construction des panneaux d’aluminium. Bien que d’un coût plus élevé au départ, l’aluminium a été choisi en raison de son aspect durable dans le temps, son peu d’entretien et la possibilité de le recycler.

Inventivité, durabilité et esthétisme en symbiose

Puisque ce type de panneau n’existait pas sur le marché, il a fallu le développer en concevant d’abord les dessins et ensuite les maquettes. Et pour protéger le revêtement métallique, celui-ci a été anodisé sur un alliage d’aluminium 5052 de 2 mm d’épaisseur qui peut varier en teinte au final, au lieu de la série 5005 habituellement utilisé en construction. « On voulait donner un look différent », explique M. Tapin-Brosseau.

Le système choisi ne présente aucune attache apparente, puisque les panneaux sont agrafés les uns dans les autres. À l’installation, ils ont ensuite été vissés sur un profilé en omega, fixé sur un profilé en Z retenu par une attache T-Clip au colombage métallique. « On ne voit aucun clou ou vis », confirme M. Tapin-Brousseau.

Ce système d’attache fait en sorte que le métal pourra se dilater et se contracter, selon la météo, tout en conservant sa forme, ce qui a été vérifié dans les laboratoire de UL, à Varennes. Des tests numériques au préalables avaient confirmé le comportement, mais créer un nouveau parement veut dire qu’il faille vérifier la réaction des matériaux pour toutes les conditions météo du Québec.

Pour illustrer la quête de la clientèle de la Maison Lauberivière vers l’autonomie, la taille des panneaux augmentent au fur et à mesure des étages, passant de quelques millimètres à plus de mètres au sommet.

Le projet a été récompensés en 2023 par le concours national 2023 du Conseil du bâtiment durable du Canada (CBDCa), Il a reçu le Prix d’excellence en bâtiment durable, catégorie Habitation inspirante

Le projet en chiffres 

  • 5 250    Nombre (approx.) de panneaux
  • 1 400    Nombre (approx.) de moulures
  • 2,0       Nombre de mm d’épaisseur
  • 0,2       Hauteur des panneaux, en mètres, à partir du bas du revêtement inférieur (elle varie selon une progression du bas vers le haut)
  • 2,1       Hauteur des panneaux, en mètres, dans la partie supérieure du revêtement
[Source Le projet en chiffres : Voir vert]