Skip to main content
par Alexandre D’Astous

Afin de favoriser l’économie circulaire dans les domaines de la construction et manufacturier, les frères Maxime et Alexandre Potvin ont lancé Twenifor, une application de vente en ligne de matériel de construction usagé calqué sur le fonctionnement d’Amazon.  

« Nous sommes dans le domaine de l’excavation en tant qu’entrepreneurs généraux depuis 2015 avec nos deux entreprises. Nous nous sommes rendus compte que nous avions souvent du matériel supplémentaire qui nous restait à la fin d’un chantier et qui dormait dans nos entrepôts. Nous finissions inévitablement par jeter le surplus de matériel parce que nous l’avions laissé dépérir. En 2020, nous avons décidé de créer Twenifor », raconte le président de l’entreprise, Maxime Potvin.

Un Amazon de produits usagés ou en surplus d’inventaires

Maxime Potvin précise que Twenifor est en quelque sorte un entrepôt Amazon de produits usagés ou en surplus d’inventaires. « Nous ne sommes pas un compétiteur de Facebook Marketplace qui propose une relation alors que nous offrons une transaction automatisée par l’entremise de notre site web. Nous avons démarré l’application de zéro. Il a fallu d’abord la programmer. Nous avons commencé à être sur le marché au début de 2023. Nous sommes présentement dans la phase de recherche de clients ».

Œuvrant dans un tout nouveau marché, Twenifor doit présenter son produit aux entreprises du domaine de la construction, et notamment dans la transformation de l’aluminium. Maxime Potvin confirme une entente avec Rio Tinto et des discussions en cours avec d’autres joueurs de l’industrie de l’aluminium.

Créer de l’engouement

Si les premières transactions ont été conclues via l’application, le principal défi pour les frères Potvin est d’augmenter l’offre de produits disponibles afin de créer de l’engouement auprès de l’industrie. « Ça prend plus de choix pour que l’acheteur souhaite revenir. Avec de gros joueurs tel que Rio Tinto, nous sommes allés chercher de la crédibilité. À partir de là, les gens ont embarqué. Depuis le début de 2023, nous avons mis des gens en place afin de nous faire connaître et prendre des rendez-vous avec des entreprises », mentionne Maxime Fortin.

Seules les entreprises peuvent vendre

Seules les entreprises peuvent vendre du matériel sur Twenifor, mais les entrepreneurs et les particuliers peuvent acheter. « L’avantage pour une entreprise, c’est que tout est informatisé et que le vendeur ne doit pas constamment répondre à des questions ».

Twenifor offre notamment des lots de céramique, des pneus de camions, des tuyaux de béton ou de plastique, des barres d’armature, des génératrices, des clôtures à neige, des lots de bois. « Nous avons vraiment beaucoup de diversité et c’est ce que nous voulons offrir aux acheteurs de l’industrie », illustre M. Potvin.

La réponse favorable pour l’environnement

Maxime Potvin affirme que la réponse des entreprises est bonne. Twenifor s’insère dans l’économie circulaire.

« Nous sommes en 2024. Les gens sont de plus en plus préoccupés par le recyclage et l’environnement. Il faut décarboner et les déchets de l’industrie de la construction représentent 40% des déchets dans le monde. On veut créer de l’économie circulaire. Il faut que le matériel circule et qu’on lui donne une seconde vie. C’était notre but premier ».

Le principal défi de la prochaine année pour Twenifor sera de continuer à diversifier son offre de produits. « On veut être diversifié dans toutes les catégories de produits. On veut que l’expérience d’achat et de vente soit agréable et qu’on crée un outil indispensable et simple à utiliser afin que les gens reviennent », poursuit M. Potvin.

Devenir membre pour vendre ou acheter

Les vendeurs et les acheteurs doivent devenir membres pour accéder à l’application. Seuls les vendeurs doivent payer. Les acheteurs n’ont pas de frais d’utilisation. « Le vendeur a des frais parce qu’il bénéficie de notre plate-forme informatisée pour vendre son matériel. L’acheteur fait son paiement en ligne de manière sécurisée. On offre à l’acheteur d’avoir un devis de transport que l’acheteur reçoit dans l’heure qui suit et qu’il peut accepter ou refuser. S’il accepte, il peut payer sur la plate-forme et ça lui indique le moment de la livraison. S’il n’accepte pas, l’acheteur peut entrer en contact avec le vendeur et convenir d’un mode de livraison ou d’un moment pour aller chercher le produit chez le vendeur ».

Éventuellement, les fondateurs aimeraient mettre en place un système de livraison, un peu comme Amazon, où il n’y aurait pas de frais de transport. « On veut que le transport se fasse de la cour du vendeur à la cour de l’acheteur et non du vendeur à un entrepôt et au vendeur pour une question environnementale ».

Il y aurait peut-être des exceptions pour les produits hors norme, par exemple un pont, qui coûte plus cher à transporter.

En plus des deux propriétaires, Twenifor compte sur une équipe de deux personnes au marketing et de quatre programmeurs. D’ici cinq ans, Twenifor souhaite exporter son application hors Canada et entrer sur le marché boursier.

Entrepreneurs de deux entreprises de construction

Maxime et son frère Alexandre opèrent deux entreprises de construction, l’une à Montréal et l’autre à Mashteiastsh, au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ils travaillent ensemble depuis huit ans. Ensemble, les deux organisations emploient 125 personnes sur le territoire du Québec.