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par Céline Normandin

Alors que le savoir-faire manufacturier est plus essentiel que jamais, l’entreprise de Sherbrooke offre son expertise pour livrer l’objectif fondamental de tout fabriquant : la meilleure pièce au meilleur coût.

Qu’est-ce que fait une entreprise spécialisée en dimensionnement et tolérancement géométrique? Derrière ces termes très techniques se cache une réelle volonté de partager des connaissances, afin de les mettre au service des individus et des entreprises. Le but Solutions Meliorem est quant à lui bien simple : aider à produire et livrer les meilleurs produits possibles à l’aide de la technologie, une pièce à la fois.

C’est de cet objectif que tire le nom de l’entreprise, explique le président François Nadeau.

« Meliorem veut dire en latin qualité, le meilleur. C’est basé sur l’amélioration et le but d’être très minutieux, dans un objectif d’amélioration continue et de performance ».

François Nadeau, fondateur et président de l’entreprise sherbrookoise Solutions Meliorem, fondé en 2018. (Photo : Solutions Meliorem)

Comme l’explique le fondateur de Meliorem, le tolérancement géométrique fait référence aux normes en langage d’ingénierie, ce qui résume le texte en logos, symboles de manière extrêmement concrète et universelle. Ce langage est né durant la seconde guerre mondiale, alors que des ingénieurs de différents pays avaient besoin de s’entendre sur un langage commun pour mener à terme des projets.

Si ces codes sont maintenant largement utilisés, leur compréhension laisse à désirer, alors que les exigences sont plus élevées et les délais plus serrés que jamais, surtout dans un contexte économique comme celui que le Canada traverse en ce moment. « J’ai parti mon entreprise dans un objectif précis, soit de donner de la formation en industrie dans un milieu où on observe un déclin apparaitre au point de vue de la connaissance technique dans certaines sphères. Au Québec, dans les dix dernières années, les connaissances de type tolérancement géométrique ont chuté drastiquement, elles sont moins enseignées et maitrisées. On a perdu aussi au Québec un aspect manufacturier, comme les GM et les Hynday qui ont fermé des usines dans la province, ce qui fait qu’on ne joue plus dans ces grandes sphères ».

La tendance se renverse actuellement, mais les entreprises font face à une concurrence où cette expertise est connue et utilisée mondialement, d’où l’importance de s’assurer que la main-d’œuvre ici est à même de compétitionner à l’internationale. Les normes liées au dimensionnement et tolérancement géométrique (mieux connue sous son acronymeanglais GD&T) sont pourtant essentielles puisqu’elles visent à construire la meilleure pièce au meilleur coût, sans négliger la fonctionnalité et interchangeabilité.

Travailler sur les deux volets de la fabrication

Solutions Meliorem offre deux types de services, soient de la formation et du conseil, ainsi que du suivi de fabrication. M. Nadeau est donc appelé autant à former les équipes de développement de produit, de quantité et manufacturière, ce qu’il appelle les deux côtés du tolérancement géométrique. Le volet formation comprend aussi un aspect conception, selon les besoins des clients et des problématiques liées aux normes GD&T. « C’est une forme de consultation technique ».

Meliorem propose aussi depuis peu plusieurs offres concernant Twyn. Ce dernier est un outil de réalité augmentée d’origine allemande permettant une inspection et une validation géométrique des assemblages et assemblages soudés. L’entreprise sherbrookoise en est l’unique revendeur au Canada. Destiné au marché du produit mécano-soudé, l’objectif est de valider en temps réel, la conformité de la pièce et d’aller chercher une performance manufacturière en réduisant les coûts de la non-qualité, le tout à une fraction du prix, explique M. Nadeau.

« La valeur ajoutée réelle est de détecter l’erreur avant qu’elle devienne permanente, avant la soudure et que la pièce soit envoyée au client. De cette manière, on peut réduire de 90 à 95% le coût de non-qualité ».

À moyen terme, il souhaite offrir une offre de service complète en ajoutant le volet dimensionnel.

Une solution d’avenir en usine

Actuellement, l’entreprise compte quelques sous-contractants soutenant l’offre de services de Solutions Meliorem. M. Nadeau compte également un employé à temps plein, ainsi que sur le support technique de l’Allemagne pour la solution Twyn. En raison de la jeunesse de cette technologie, soit seulement cinq ans, les démarches débutent pour mieux la faire connaitre. L’objectif est aussi de trouver un partenaire en Ontario, afin de développer le marché canadien. Soumis à la confidentialité, M. Nadeau confirme toutefois que des entreprises canadiennes d’envergure dans le secteur des véhicules lourds agricoles font des essais avec la technologie. Une entreprise québécoise agissant dans les transports fait de même. Parmi les clients confirmés au Québec, il cite Dalkotech, Prinoth et Métal Bernard.

L’entrepreneur a confiance de voir cette technologie être adoptée plus largement en raison de son accessibilité qui ne nécessite qu’un iPad Pro, pour lequel il a conçu la protection industrielle. « On peut faire l’inspection n’importe où, dans des endroits peu accessibles, sur la chaine s’assemblage, même pendant le soudage. C’est très rapide et extrêmement mobile. ». Les entreprises visées sont celles comprenant de l’assemblage, de la répétition et de l’unitaire. Les pièces complexes et de valeur et sont les plus susceptibles de profiter de cette technologie, note l’homme d’affaires.

Aujourd’hui, les volets formation et inspection occupent une part égale des opérations de Solutions Meliorem. Elles visent le même marché, mais sur deux volets différents. Dans le premier cas, des clients tels que des centres de recherche reçoivent un service adapté et sur mesure, durant toute la durée de la formation. Dans le cas de Twyn, il s’agit plutôt d’entreprises de 50 employés et plus, où la notion de non-qualité est déjà implantée, où la réputation peut être en jeu auprès des clients.

Une vocation de transmettre le savoir

Quant au secteur de l’aluminium, les besoins sont les mêmes. M. Nadeau a suivi un cours de soudure à l’ETS afin de se perfectionner pour mieux supporter ses clients.

« L’aluminium est un marché très, très important, encore plus l’avenir, que ce soit pour l’aéronautique ou les transports. »

Lancée en 2018 et à plein temps à partir de 2021, l’entreprise est à l’image de François Nadeau, une personne curieuse et désireuse de partager son expérience. Le président a un parcours atypique qui a teinté la nature de son entreprise. Il a entamé un DEC en sciences pures avant de faire un diplôme d’études professionnelles en mécanique diésel, pour poursuivre avec une technique en génie mécanique. Il a aussi suivi d’autres formations et certifications spécialisées en GD&T, FMEA (AMDEC), Lean 6 Sigma (Green Belt). Il dit avoir retiré de ces années une compréhension du rôle de la maintenant et de l’importance de faire simple. Il a ensuite travaillé plusieurs années à collaborer étroitement avec des entreprises telles que Volvo, CNH et John Deere, où s’est surspécialisé en GD&T.

M. Nadeau plaide pour un retour à de la formation appliquée et continue, afin de s’adapter aux aspects techniques du secteur manufacturier. Bien que des entreprises comptes des dizaines de millions dollars en équipements, elles doivent s’assurer de produire des produits de qualité, à meilleur coût.

« Mon objectif, c’est de transmettre ces connaissances et de rendre mes clients autonomes. Développer les compétences à l’interne, c’est le meilleur levier de performance durable. »