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par Vivianne Bisson

Alain Delnozz et ses œuvres (Photo : Facebook Alain Delnozz)

L’alugami, une forme d’art peu connue, voire inconnue au Québec. Inventée par l’artiste belge, Alain Delnozz, ce dernier travaille ses œuvres à l’aide de feuilles de papier d’aluminium pour les transformer en sculpture incroyable qui s’inspire grandement des techniques de l’origami. C’est un art qui gagne à être connu auprès des artisans et amateurs d’origami, en plus d’être aisément accessible à tous.

Tout comme l’artisan belge, il vous est surement déjà arrivé, plus jeune, de prendre un morceau de papier d’aluminium pour le façonner en boule ou lui donner de nouvelles formes pour vous amuser, à l’aide d’ustensiles ou même de vos mains pour lui donner une forme plus lisse! Une technique fort simple, mais qui étonne Alain Delnozz de ne pas voir d’autres artistes utiliser cette pratique artisanale dans la conception de leurs œuvres. Suite à ses propres investigations, le constat est surprenant : le plasticien belge n’a jamais trouvé d’autre individu qui pratique la même forme d’art que lui, l’alugami. On peut donc dire qu’il en est le précursseur, en quelque sorte.

Sa passion lui vient de son plus jeune âge, au cours duquel il pratiquait l’origami traditionnel à l’aide de papier. La pratique de l’origami l’a ensuite amené à considérer l’utilisation  de d’autres matériaux, dont l’aluminium. C’est à partir de là, qu’il s’est mis à pratiquer différentes techniques afin de trouver la meilleure méthode afin de créer des sculptures à l’aide de ce matériau.

Œuvre d’art en alugami d’Alain Delnozz, Les patineurs (Photo : Facebook Alain Delnozz)

Origine de son art

Remontant environ au 17e siècle, l’origami est un art qui puise ses racines dans l’histoire ancienne du Japon. Le mot rassemble le terme « ori » signifiant plier et « kami » signifiant papier. Au départ, l’origami était associé aux rituels religieux, puis la pratique a évolué sous une toute autre forme d’art. C’est devenu, au fil du temps, une forme d’expression artistique accessible à tous.

De son côté, l’artiste Alain Delnozz désirait travailler le métal. Il a élaboré, durant plusieurs années, une méthode pour transformer l’aluminium ménagé en sculpture. Pour réussir, il s’est inspiré de l’origami traditionnel. Les artistes qui intègrent ce matériau dans leurs œuvres ne travaillent pas toujours eux-mêmes le métal, souvent ils doivent s’aider d’un fondeur. L’art de l’alugami est une manière de travailler soi-même l’aluminium afin de rendre cette pratique à la portée de tous.

La bonne méthode pour pratiquer l’alugami

Afin de créer une sculpture d’alugami semblable à celles de l’artisan belge, il est nécessaire de travailler avec une feuille d’aluminium. Pour débuter, Alain Delnozz conseille de créer une boule à partir de la feuille d’aluminium en la comprimant à l’aide de ses mains ou d’objets pour lui donner la forme la plus compacte possible.  À partir de cela, il est possible de créer et travailler la forme que l’on désire. Dépendamment de l’œuvre que l’on souhaite sculpter, cela peut être un très long travail de transformer l’aluminium en diverses formes. Une pratique artistique qui n’est pas conseillée pour les enfants, car selon le plasticien, il est nécessaire pour la personne qui pratique l’alugami de posséder une certaine motricité et force pour pouvoir travailler ce matériau. Mais surtout s’armer de beaucoup de patience! À ses débuts, il ne faisait que des boules, mais c’est après 41 ans de travail, qu’il peut maintenant créer tout ce qu’il désire à partir d’une simple feuille d’aluminium. Sa forme de base de prédilection de l’artiste est une étoile, qu’il peut ensuite travailler pour transformer en personnage.

Une fois satisfait des formes données à la sculpture, cette dernière doit ensuite être trempée dans de la paraffine liquide. C’est un produit qui est souvent utilisé dans l’industrie cosmétique ou même pharmaceutique pour créer des crèmes. Pour ce qui est de l’alugami, Alain Delnozz plonge ses sculptures dans la paraffine liquide en fusion afin que le liquide puisse durcir à l’intérieur de la sculpture, pour lui donner un certain poids et une certaine consistance. Une fois que la sculpture est terminée d’être manipulée, elle peut avoir un fini de différentes teintes, telles que le bronze, l’argent où même l’or, selon les méthodes utilisées par l’artiste.

Parmi ses nombreuses techniques, Alain Delnozz utilise notamment l’alugami plissée. Ce qui veut dire qu’il fait sa sculpture avec ses mains. Il ne va pas utiliser d’objet pour l’aider, sauf pour certaines parties distinctes de sa sculpture. Si par exemple, il sculpte un personnage à l’aide de la technique de l’alugami plissée, l’artisan va probablement utiliser certains outils pour pouvoir lisser la surface d’une partie du corps de sa sculpture, telle que le nez. C’est la technique la plus difficile de son art.

Toutes ses pièces d’art sont uniques. L’artiste explique qu’à l’aide de cette méthode, il est important de ne pas avoir un but en tête. Il faut seulement créer son art et ne pas s’attendre aux résultats, car il est difficile d’avoir un résultat précis à l’image exacte de ce qui est désiré. Selon l’artiste, il y a place à beaucoup de chance dans son art, car c’est en essayant plusieurs techniques d’alugami qu’il est possible d’obtenir une œuvre inattendue et magnifique.

Évidemment, avec les années, Alain Delnozz a appris comment faire et travailler différentes formes, comme par exemple une oreille ou même une bouche à l’aide de papier d’aluminium. En revanche, l’artiste semble affirmer qu’il ne peut reproduire des œuvres semblables à une autre qu’il a déjà conçues, même s’il le désirait plus que tout. Le point commun à toutes ses sculptures c’est l’amour que l’artiste met pour les fabriquer.

L’artiste belge, Alain Delnozz lors d’un atelier d’alugami (Photo : Facebook Alain Delnozz)

Il faut savoir, que l’artiste belge, Alain Delnozz ne vend pas ses pièces d’art. Afin de pouvoir contempler son art, il faut se déplacer à l’atelier de l’alugami à la Maison de la Laïcité d’Alembert, ouvert depuis décembre 2022, au sud de Bruxelles. Ce qui allume à ce jour le plasticien, c’est de pouvoir créer par passion et inspiration. L’artiste veut tout de même transmettre son savoir. Il ne veut pas que son art meurt avec lui. Chaque samedi, il offre des cours d’introduction à l’alugami. Ses cours sont assez populaires auprès de la communauté belge, pour la plus grande joie de l’artiste. Une forme d’art qu’il veut continuer d’enseigner, et ce, encore longtemps.